Une société qui bouge continuellement

Photo de Bauman fumant une pipe

Bienvenue dans cet espace de détente et de calme. Dehors, la pluie continue de tomber sans jamais s’arrêter, elle semble suivre un rythme précis, les premiers rhumes sont maintenant devenus quelque chose de très normal et c’est à travers cette pluie que je voudrais vous parler de la vision de Zygmunt Bauman. La connaissez-vous ? Êtes-vous prêt à découvrir sa vision la plus célèbre, celle de la société liquide ?

L'incertitude engendre la fragilité

 
 
 

La pensée de Bauman s’enracine dans l’histoire de notre société. Sa vision de la société post-moderne se caractérise par certains points fondamentaux qui ont contribué à modifier l’homme à travers ses intérêts et ses besoins.
Le passage du statut de producteur à celui de consommateur que l’homme a connu au fil des années a créé une illusion d’extrême liberté, qui a toutefois généré un détachement total des anciennes et nobles valeurs.

  • Crise des idéologies
  • La crise des partis
  • Manque de points de référence
  • Le consumérisme boulimique
  • Incertitude de l’emploi

Tous ces éléments, qui remplissent désormais nos journées, nous ont rendus extrêmement fragiles face aux choix, aux options et à la manière de les gérer.
L’homme est passé du statut de bon producteur à celui de consommateur insatiable et cela, combiné au besoin social de vouloir être et vivre aussi bien que les autres, nous a rendus agressifs et égoïstes.
Évidemment, ce n’est pas si simple, on ne peut pas faire une généralisation à l’emporte-pièce sur les centaines de milliers de facettes du caractère humain, mais le point essentiel à garder à l’esprit est que ce n’est pas l’homme qui tire les ficelles, mais le comportement humain de conditionner l’homme. 

Ainsi, pris dans le besoin d’émulation, dans l’illusion de la satisfaction des autres, nous avons totalement oublié le bienfait de faire le bien sans arrière-pensée.
La société liquide coule et dégénère, ces schémas restrictifs nous ont entraînés dans un torrent fluide sans frontières claires et définies, il suffit de prendre l’exemple de la fragmentation des idéologies politiques, de la défaite totale des idéaux fondés sur l’humain et de l’absence totale d’une identité humaine et communautaire qui puisse nous rapprocher des autres.
Aujourd’hui, tous les aspects de notre vie peuvent être modifiés artificiellement, pouvant modifier notre « chemin ». Nous ne sommes plus liés comme autrefois à la survie, à la nécessité d’aider les autres pour en profiter ensemble, nous sommes en cage au fond d’une rivière en crue à la recherche d’oxygène, pour le seul besoin d’échapper aux courants et de résister aux changements très rapides de la société.

Comment l’homme réagit-il à une société liquide ?

 

Des projections d'eau à l'infini

L'homme a besoin de se lier à quelque chose ou à quelqu'un, malgré l'illusion qu'il peut survivre par lui-même, il a toujours besoin de lier son existence à d'autres éléments afin de se sentir partie prenante d'un prisme immense et complexe d'objets, d'âmes, d'émotions et de personnes. 

Mais la soudaineté avec laquelle tout arrive nous met dos au mur, nous obligeant, instinctivement, à nous adapter sans savoir, sans explorer les différentes options, sans décider.
Tout devient une marchandise dans le seul but de satisfaire le besoin du moment dans cette portion spécifique de la rivière.
Mais est-ce vivre ou survivre ?

Comment maîtriser les courants et la société liquide ?

 
Rivière qui coule naturellement
 

Bauman brosse ce tableau, extrêmement pessimiste si l’on veut, mais toujours avec une clé en tête : de nouveaux outils et de vieux objectifs. Et c’est précisément dans cette prise de conscience de la situation que réside l’objectif de l’homme : prendre conscience de ce type de société est le premier moyen de se dépasser, de dominer les courants et de construire un radeau qui pourra être amélioré au fil du temps pour naviguer sur le fleuve puis sur les mers à travers les pluies et les tempêtes incessantes

Nouveaux outils et objectifs anciens pour maîtriser les courants du fleuve et de notre société liquide. 

La conscience est un thème récurrent, comme dans la caverne de Platon, la véritable clé pour apprivoiser et tirer le meilleur parti du temps dans lequel nous vivons est de se concentrer sur la sagesse intérieure, il est alors essentiel de reconnaître nos propres limites et de façonner nos vies en fonction de nos croyances, de ce qui nous fait nous sentir bien. Souvent nous avons tendance à croire que si une personne est heureuse il y a une raison pratique, une belle voiture, un mari gentil, un salaire élevé, mais ces « objets » ne sont pas les éléments qui génèrent le bonheur, la sérénité est un état d’esprit qui peut grandir et envahir nos journées seulement si nous sommes prêts à nous regarder de l’intérieur, à changer nos mauvaises habitudes et à ne pas juger notre chemin en tant qu’homme du 21ème siècle. 

Le jugement est ce qui distingue l’homme, mais l’abus de cet outil nous enferme, toujours au fond de cette rivière, et nous oblige à chercher de l’oxygène ailleurs, dans des biens rapides et futiles qui satisfont nos besoins pendant quelques heures et disparaissent à jamais avec l’argent dépensé. 

Bauman nous offre un point de vue très positif, même si cela peut sembler être le contraire, le philosophe polonais nous rappelle que le changement est une constante et que l’incertitude est la seule certitude, cette phrase célèbre devrait nous guider et nous convaincre qu’il n’y a pas de limites et que si vous pouvez nager dans le courant de la rivière, alors des possibilités infinies s’ouvriront pour nos vies. Si cet article vous a aidé ou si vous l’avez simplement aimé, partagez-le avec vos amis, laissez couler cette rivière et faites-le avec le sourire.

Bonne vie

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